LA GRANDE TRANSUMANCE

Anne: « ma petite fille de deux ans est très difficile, elle ne fait pas ses nuits et refuse de s’endormir si je ne suis pas là. La nuit, elle se réveille souvent et hurle si je ne suis pas à côté d’elle. Ça devient très compliqué à vivre, surtout avec mon nouveau conjoint… »
 
A quel âge peut-on considérer qu’il est « normal » ou acceptable qu’un enfant fasse ses nuits seul dans son lit?
 
On ne parle pas ici d’un bébé de six mois, mais d’une enfant de deux ans… On peut donc légitimement se poser la question de savoir pour qui est-ce un réel problème de laisser cette petite fille pleurer la nuit, seule dans son lit?
 
Et manifestement, ce n’est pas la petite fille qui va pleurer dans la chambre de ses parents, mais bien la maman qui se déplace, toutes les nuits, inlassablement, nuit après nuit, au moindre pleure, au moindre cri.
 
Et bien sûr, cette transhumance incessante et répétée de nuit en nuit, depuis qu’elle est tout bébé, a fini par instaurer une règle: «  je pleurs, tu viens. Et si je constate que tu n’es pas là à mon réveil, même (surtout) en pleine nuit, ma chose, mon jouet, mon hochet, je te préviens, tu vas le payer très cher, car je vais hurler jusqu’à en réveiller tout le voisinage… »
 
Et voilà comment, sous couvert de « j’ai peur qu’elle ne dorme pas bien ou qu’elle s’étouffe dans ses couvertures » (encore à deux ans!?) on transforme un charmant bambin en petite fille terroriste à qui on fait porter la responsabilité de faire exploser une relation d’adulte.
 
Peut-être est-il temps d’instaurer de nouvelles règles? Car après tout, dans tout contexte social, comme par exemple à l’école, il y a des règles à respecter.  Et vous pouvez être sûr qu’une enfant, même de deux ans, en est parfaitement consciente. Et probablement depuis plus longtemps que vous ne l’imaginez…
 
Partager